Le Daara de Touba Lansar

Nous avons décidé de mener un nouveau projet d’aide aux enfants talibés dans le daara de Touba Lansar.  Ce dernier est situé près du village de Fadial qui fait partie de la communauté rurale de Nguéniène (département de Mbour), et  se trouve à 122 km au sud de Dakar.

1. Qu’est-ce qu’un daara ?

 Le mot daara (ou dahra, dara), au Sénégal, se réfère le plus souvent à une école coranique. D’origine arabe, passé au wolof, le terme désigne d’abord une cour, une villa, une maison, puis plus précisément un centre d’éducation religieuse, voire tout lieu où s’enseigne le Coran. Dans le contexte du mouridisme, une communauté accueille des aspirants (talibés) mis à la disposition d’un maître spirituel (marabout) par leurs familles pour leur éducation spirituelle, morale, culturelle et philosophique. L’école coranique (daara) fait partie du système d’enseignement non formel sénégalais et de très nombreuses familles continuent à y placer leurs enfants. Des dizaines de milliers de talibés  sont envoyés par leurs parents, dès leur plus jeune âge, vivre et étudier dans ces écoles. Il s’agit donc d’une pratique enracinée dans les traditions religieuses et culturelles du pays.

2. Pourquoi choisir ce daara ?

Lors de notre dernier séjour, en avril 2018, nous avons finalement fixé notre choix sur le daara de Touba Lansar car il répondait en tous points à ce que nous recherchions. En effet, c’est un des rares daaras dont le marabout refuse d’envoyer les talibés mendier dans les rues car cela les expose aux pires dangers. Les enfants restent au daara où ils étudient et apprennent également les techniques de maraîchage qui leur permettront plus tard de subvenir aux besoins de leur famille en cultivant . Ce daara est tenu par monsieur Famara qui a organisé ce dernier comme une petite entreprise dont les bénéfices permettent de financer l’enseignement, le logement et la nourriture des talibés dont il a la charge sans devoir dépendre de finances extérieures (aides de l’Etat ou mendicité des    enfants). Ses revenus lui viennent de la vente des cultures réalisées sur ses terres (mil, arachides ) et de la cueillette (mangues, noix de cajou ). Il produit ainsi une partie de l’alimentation destinée à ses talibés et employés (enseignants et cultivateurs) et le surplus est revendu pour financer les semences de l’année suivante ainsi que du matériel agricole qui lui permet à chaque fois d’améliorer sa production .

3. En quoi consiste notre intervention?

Il s’agit de financer:

  • Le forage d’un puits qui permettra :
    • de cultiver les champs de mil (principale céréale au Sénégal) toute l’année et pas uniquement   durant la saison des pluies.
    • d’arroser des arbres fruitiers (essentiellement des manguiers) qui seront plantés sur ces terres.
  • L’achat d’une herse pour le tracteur acquis récemment et qui facilitera le travail au champ.
  • L’achat de 20 matelas pour les enfants talibés + draps housse
  • Les frais d’envoi par containeur des vêtements récoltés en Belgique pour les enfants talibés (avec l’aide de l’association française « Les enfants du Sénégal » qui sont nos partenaires depuis quelques années déjà) .

Le forage du puits qui permettra d’arroser les nouvelles cultures.

La herse que nous avons financée.

Le daara en vidéo et en images

Estimation du coût de ce projet: